• Bonjour Norbert, peux-tu nous présenter l’IPSC ?

IPSC signifie « International Practical Shooting Confederation », autrement dit c’est la fédération internationale qui régit la pratique du Tir Sportif de Vitesse, le TSV, depuis 1976. Alors même que les compétitions de type TSV existent depuis 1950.

Le TSV est une discipline à part entière gérée en France par la Fédération Française de Tir.

L’un des principes généraux du TSV, des matchs IPSC, est la notion de style « libre ». Pour citer le règlement « Les compétiteurs doivent être autorisés à résoudre la situation présentée (parcours de tir) de manière libre et à tirer les cibles sur la base du « comment et quand » elles sont visibles.  Après le signal de départ, les parcours ne doivent pas imposer de rechargement obligatoire, ni dicter de position de tir, d’emplacement ou de posture, excepté comme spécifié ci-après. Toutefois les conditions peuvent être créées, et des barrières ou toute autre limitation physique peuvent être construites, pour contraindre le compétiteur à certaines positions de tir, postures ou certains emplacements. »

Précision, Puissance et Vitesse constituent l’essence même du tir sportif de vitesse. Ils sont d’ailleurs repris en latin par les mots « Diligentia, Vis, Celeritas », DVC. Il existe 3 disciplines : le handgun (pistolet), le rifle (fusil) et le shotgun (fusil « de chasse »). Dans chacune de ces disciplines, il existe des divisions dans lesquelles les armes sont classées et doivent répondre à certains critères.

Pour exemple dans le shotgun, on va trouver les divisions suivantes (caractéristiques non exhaustives) :

  • Open : Calibre 20 minimum, armes avec chargeurs amovibles, types Saiga, Molot, Derya etc… équipées de points rouges, de frein de bouche… Longueur maxi de l’arme 1320mm.
  • Modified : Calibre 20 minimum, armes de types semi-auto avec rallonge de magasin (14 cartouches maximum au signal de départ), chargeurs non amovibles, types Winchester SX3, Benelli M2, Beretta 1301 etc… Visée optique et frein de bouche autorisés. Longueur maxi de l’arme 1320mm.
  • Standard : Calibre 20 minimum, armes semi-auto avec rallonge de magasin (9 cartouches maximum au signal de départ). Pas de visée électronique ni frein de bouche. Winchester SX3, Benelli M2, Beretta 1301 etc…
  • Standard manual : Calibre 20 minimum, fusil à pompe, action manuelle, avec rallonge de magasin (9 cartouches maximum au signal de départ). Pas de visée électronique ni frein de bouche. Remington 870, Benelli Supernova etc…

Pour connaître en détail l’ensemble des disciplines je vous invite à aller sur le site www.ipsc.org vous y trouverez tous les règlements en vigueur.

Un match IPSC peut compter jusqu’à 30 stages (parcours de tirs à réaliser), le classement des compétiteurs se fait pour chaque stage sur la base du nombre de points obtenus en cibles divisé par le temps mis pour terminer le stage. On voit donc tout de suite apparaître que pour être parmi les meilleurs, il faudra être rapide/dynamique et précis en cibles. Pour chaque stage un pourcentage et nombre de points sont alloués, le vainqueur du match est celui qui possède le plus grand nombre de points. Gagner tous les stages est une solution, mais là on parle d’extraterrestre (et ils existent !), mais être régulier dans le haut du classement s’avère payant.

  • Comment puis-je le pratiquer ?

Cette discipline étant rattaché à la FFtir, pour pratiquer il faut bien évidemment être déjà licencié d’un club de tir sportif et posséder une arme dédiée à la pratique du TSV. Ce club doit être homologué pour la pratique du TSV et donc doit disposer (hormis les installations adéquates) d’un responsable d’une section TSV et de moniteurs diplômés. La pratique du TSV est très encadrée et ne peut se faire seul. Tous les clubs de tir ne sont pas homologués TSV, et encore moins dans toutes les disciplines du TSV. Avant de rentrer dans le détail, il faut bien aussi avoir en tête que la pratique du TSV ne peut en aucun cas se faire sans la pratique de la compétition. On ne peut pratiquer le TSV « de temps en temps » et ne participer à aucunes compétitions. Cette discipline est donc exigeante.

Mais pour le tireur désireux de se lancer dans le TSV, il va alors découvrir une discipline ludique et dynamique qui va lui demander de s’adapter constamment à des nouvelles configurations de parcours de tir, des stratégies différentes, des cibles différentes, mobiles parfois… bref ! Le tireur TSV ne s’inscrira jamais dans une certaine routine sportive.

La particularité du TSV est que le port de l’arme se fait à la ceinture (pour le pistolet). Les parcours de tirs commencent avec un signal de départ, un « bip », nécessitant un dégainé (mais pas que…), des déplacements, des courses arme à la main. Mais il ne faut pas s’y méprendre, les règles de sécurité en TSV sont les plus strictes de l’ensemble des disciplines de tir. Les manipulations des armes (exemple : changement de chargeur, gestion d’un incident de tir…), le respect des angles de tir sont des éléments étroitement surveillés et encadrés par les moniteurs en club, et arbitres en compétition. Le moindre écart entrainera soit un recadrage et rappel de la sécurité par le moniteur soit tout simplement une disqualification de la compétition que ce soit le premier jour du match ou le dernier. Pas d’intransigeances possibles avec la sécurité. Des fautes à répétitions pourront conduire même à l’arrêt de la pratique.

« Faut-il être un tireur « statique » émérite ? »

La réponse est non. Dans la pratique du TSV, lenteur de déplacement et lenteur d’exécution ne sont pas compatibles. Donc cette discipline peut s’adresser à tous les types de tireurs. Bien entendu, savoir aligner ses organes de visés, contrôler son lâché sont des éléments primordiaux pour marquer des points et la pratique du tir statique est pour cela la meilleure école.

De toute manière, un tireur désireux d’intégrer une section TSV, sera d’abord testé par le responsable de la section. Manipulation de sécurité de l’arme, points en cibles et « bon esprit » seront évalués. Un tireur qui est assidu à l’entrainement pourra rapidement prendre du plaisir, dans le sens où les notions de sécurité seront rapidement intégrées, et l’appréhension naturelle de porter une arme disparaîtra.

Pour le futur pratiquant il ne faut pas non plus négliger l’investissement financier. Déjà l’investissement de départ : l’arme adéquate pour la pratique du TSV, ceinture, holster, portes chargeurs et éléments de sécurité… S’ajoute à cela la pratique de la compétition avec des frais d’engagements, de déplacements… Bien entendu, tous les tireurs ne recherchent pas la première place des podiums et les engagements inhérents. Mais on se pique vite au jeu de la compétition, faire un meilleur résultat que les copains (!), et dans ce cas un volume de 3000-5000 cartouches par an semble être raisonnable voir un minimum.

  • Quel est ton parcours ? Comment as-tu fait pour intégrer l’équipe de France et accéder aux championnats du monde ?

J’ai débuté le tir, je ne parle pas du TSV, mais le tir il y a 4 ans.

Avant la pratique du tir, j’ai fait pas mal de compétitions dans l’aéromodélisme notamment avec des hélicoptères radiocommandés. J’ai pas mal voyagé grâce à ça. J’ai même été en charge d’une team en Europe associée à une marque d’hélicoptère. J’ai lié amitié avec des pilotes partout à travers le monde, mais on a surtout constitué une belle équipe avec des copains. On a participé à 4 au développement d’une machine par exemple. Cependant, j’ai aussi gouté à l’envers du décor, quand on est plus pilote mais en charge de… J’ai vu les mauvais côté et je souhaitais passer à autre chose.

Mais je n’ai pas abandonné la pratique de l’aéromodélisme. Mon père m’a tout appris depuis mon plus jeune âge, je continue à pratiquer pour le plaisir avec lui, même si on ne vole pas aussi souvent qu’avant, il m’a donné le gout du pilotage, de la rigueur et de la mécanique (connaissances que je retrouve dans le tir). D’ailleurs il continue à dessiner et créer des machines d’exceptions, et moi je les fais voler. C’est lui aussi qui apporte les modifications à mon fusil. Je vous invite à aller voir notre site : www.heliscalemaster.com ou notre page Facebook du même nom. Même mon fils possède aussi son propre avion radiocommandé et il apprend à voler. Sans compter que je travaille dans le monde de l’aérien, donc c’est un domaine indissociable de ma vie.

Mais lors d’un séjour aux USA, à Denver, j’ai rencontré la famille Wyatt de la série télévisé American Gunsmoke. J’ai alors pu tirer avec eux pour la première fois, et là ça a été le déclic. En rentrant en France, je voulais faire du tir. Commença alors le parcours du combattant car les clubs sont saturés et il y a de l’attente. Mais en même temps, je ne souhaitais pas pratiquer le tir « statique » je voulais du dynamique… Et j’ai découvert le TSV. Je me suis alors rapproché d’un club qui est le mien aujourd’hui et voilà, j’allais me mettre au tir et au TSV. J’ai tout de suite accroché, l’ambiance y est très agréable. Je me suis même pris au jeu de la compétition, moi qui ne voulais plus en faire. Je suis devenu moniteur pistolet en suivant le stage diplômant de la fédération. Mais dans un coin de ma tête, c’était le shotgun qui m’attirait le plus. Cependant la discipline n’existait pas dans mon club. Alors j’ai décidé de passer le monitorat shotgun, le club disposant alors d’un moniteur pouvait ouvrir la discipline car l’infrastructure shotgun est la même que handgun.

La validation du monitorat se fait via des épreuves théoriques et pratiques, puis en atteignant un certain pourcentage par rapport au 1er au championnat de France de la même année.

Et finalement, au dernier championnat de France shotgun, je me suis classé 4eme (la pire des places mais 4ème quand même) ce qui m’a ouvert les portes de l’Equipe de France pour le Championnat du Monde, qui plus est à Châteauroux au CNTS. Il faut savoir que le shotgun ne se pratique que depuis 2 ans en France, mais a 40 ans d’existence chez certains de nos voisins, nous avons tout à apprendre et c’est justement là le plus passionnant.

Lors de ces derniers Championnats du Monde je me suis classé 4eme Français (encore ! mais en embuscade du 2eme et 3eme lol) et 62eme mondial sur 120 tireurs en standard manual, j’ai même amélioré mon pourcentage par rapport au 1er mondial qui était déjà le 1er du classement international du championnat de France. J’ai oublié de préciser mais je ne tire qu’en standard manual (fusil à pompe). Je sais le travail qu’il me reste à accomplir mais c’est là le challenge. Après, au Championnat du Monde, le classement individuel importe peu, on était une équipe et chacun a pu apporter ses compétences. Dans tous les cas, c’est une énorme expérience, une certaine fierté aussi. Prochain Championnat du Monde dans 3 ans mais là c’est une autre histoire.

  • Et Terräng dans tout ça ?

Historiquement la société Terräng est le partenaire de la section TSV du club. Comme tout tireur, j’ai aussi besoin d’équipements mais pas n’importe lesquels : il faut qu’ils soient fiables, confortables et que je puisse les oublier. C’est naturellement que j’ai fait mes premiers achats 5.11 Tactical chez Terräng (n’habitant pas très loin). De visite en visite, j’ai lié amitié avec l’incontournable David notamment, puis Alex, puis Kevin puis… Tout le monde. Et puis un jour je me suis lancé à demander un partenariat pour le club car nous allions organiser une grosse compétition avec plus de 200 tireurs et nous avions besoins de sponsors. Terräng a immédiatement répondu présent, et non seulement a dit oui pour cet évènement mais aussi s’est prit au jeu en acceptant de devenir partenaire du club. En échange, on leur ouvrait les portes du monde du TSV. En suivant, Terräng était présent aux championnats de France de TSV, et a été partenaire de la FFtir pour les Championnat du Monde handgun et shotgun.

Puis, quand ils ont appris ma sélection au Championnat du Monde, ils m’ont proposé aussi de m’aider, en me dotant de produits 5.11 de qualité. Je les en remercie encore pour la confiance. Il est rare aujourd’hui de trouver des partenaires qui s’investissent comme ils le font.

Je n’oublierai pas non plus de citer Aérographe Fockeur qui a réalisé le custom de mon fusil aux couleurs du drapeau Français et de Terräng. Son travail est tout simplement incroyable, et ce fusil a fait beaucoup parler lors des Championnats du Monde. Si vous avez des customs à faire, je vous le recommande…

  •  Mon équipement shotgun :
  • Benelli Supernova, customisé par Aérographe Fockeur,
  • Ceinture EZload, dédiée à la pratique du Shotgun, rechargement par 4 cartouches,
  • Kit de nettoyage Breakthrough : uniquement ! Et on ne me fera pas changer d’avis sur la qualité des produits Breakthrough (ici),
  • Lunette Oakley M Frame Alpha, verre prizm TR45 et/ou Rose (ici),
  • Protection auditive 3M LEP-100 / casque MSA Sordin,
  • Sac de tir 5.11 Range Ready (ici) / Range Qualifier (ici),
  • Pantalon 5.11 Traverse (ici),
  • Chaussure Lowa Innox mid GTX, par temps de pluie (ici).

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Achats pour professionnels : ici.

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