Savoir entretenir son couteau est primordial, surtout sur le terrain où le matériel est limité. L’entretien est une affaire de tous les jours, en effet, lorsque la lame est oxydée, il est déjà trop tard. Il est donc important de garder son matériel propre et lubrifié pour prévenir d’une usure prématurée. Une lame peut se détériorer plus ou moins vite selon l’utilisation que l’on en a bien sûr, mais aussi selon la composition de son acier.

Les différents types d’aciers

Il existe des centaines d’alliages d’acier différents utilisés en coutellerie, chacun va donner certaines caractéristiques à la lame.

  • La dureté : Détermine la qualité et la longévité du tranchant. Cette valeur est généralement exprimée en HRC (Dureté Rockwell)
Jusqu’à 52 HRC52-5454-5656-5858-6060-6263-64
Trop soupleQualité correcteDureté classique
Aiguisage facile
Couteaux pro
Bonne qualité
Tranchant conservé
Aiguisage facile
Couteaux japonais
Tranchant conservé
Aiguisage facile
Tranchant conservé
Lame dure
Fil fragile
Aiguisage difficile
Lame très dure
Pour passionnés
Fil très fragile
Entretien

Un couteau ayant une haute dureté, aura donc un tranchant avec du mordant et le gardera pendant longtemps. Il sera en revanche plus difficile à affûter et nécessitera une pierre très dure et abrasive pour retrouver un bon fil de lame.

Un couteau ayant une dureté plus basse aura un peu plus de mal à garder son tranchant, mais sera en revanche beaucoup plus simple d’entretien. L’acier étant plus tendre, il sera donc plus facile à entretenir et obtenir un tranchant rasoir.

  • L’inoxydabilité : Détermine la résistance à la corrosion.

La composition de l’acier détermine sa sensibilité à la corrosion. Par exemple, une lame à haute teneur en carbone apportera une excellente qualité de coupe en augmentant la dureté de l’acier. Cependant, cela occasionne la formation de carbures qui peuvent s’oxyder au contact de l’humidité. C’est pour cela qu’il est très important pour les lames à haut taux de carbone d’être correctement séchées et lubrifiées afin d’éviter cette corrosion. A bannir donc pour une utilisation en milieu humide ou aquatiques.

Au contraire, une lame avec un fort taux de chrome aura une résistance à l’oxydation accrue. Un acier devient “inoxydable” à partir d’un taux d’au moins 13% dans la composition de l’acier.

Augmente la dureté Augmente la longévité du tranchant Augmente la résistance aux chocsAugmente la résistance à l’usureAugmente la résistance à la corrosion
CarboneXXX
ChromeXXX
MolybdèneXX
VanadiumXX
CuivreXX
CobaltXX
  • La résilience : Détermine la résistance de l’acier à la casse.

La résilience est la capacité de l’acier à résister plus ou moins bien aux chocs. Un acier résilient aura tendance à reprendre sa forme initiale, totalement ou en partie après un choc avec déformation. Il est donc très important d’avoir un couteau très résilient lorsque l’on évolue dans des terrains avec des températures extrêmes. En effet, un acier, quel qu’il soit n’aura pas la même résilience a 50° ou -50° qu’a température “normale”.

Entretenir son couteau

La lame :

Tout d’abord, une lame de couteau ne se lave pas, elle s’essuie. En cas de lame très sale, vous pouvez passer un coup de chiffon humide tout en vous assurant de la sécher au maximum par la suite. Prenez bien soin à ce qu’aucune trace d’humidité ne persiste sur la lame, surtout si celle-ci contient un fort taux de carbone. Il est même recommandé de garder sa lame huilée. N’importe quelle huile, organique ou minérale protègera l’acier de la corrosion, cependant pour une protection prolongée ou pour des environnements très agressifs pour le couteau, nous vous recommandons le lubrifiant HP100 Knife de chez Breakthrough Clean. Cette huile est spécialement conçue pour prendre soin de vos lames, ainsi que des mécanismes de pliants, assurant une excellente lubrification, et protection contre les éléments. De plus, contrairement à une huile classique, elle dispose d’une viscosité accrue, favorisant la fixation sur la matière, et ne coule donc pas sur les plaquettes ou le manche du couteau, ou toute autre partie que l’on ne souhaite pas lubrifier.

Lorsqu’un couteau perd de son efficacité de coupe, c’est sans doute que la lame a perdu son fil. Le fil est la première partie en contact avec la matière que l’on veut couper. C’est lui qui va supporter la pression de coupe, et lorsque celui-ci est altéré, la lame perd de son “tranchant”, la coupe devient plus grossière. Plus on affûte sa lame, plus le tranchant devient rasoir et précis, en revanche plus il devient fragile. Il n’y a donc que peu d’intérêt a affûter sa hache avec un tranchant rasoir pour couper du bois, cela ne ferait que d’accélérer la détérioration de celui-ci, sans réel gain d’efficacité. Il faut donc trouver le bon compromis de tranchant entre précision/efficacité de coupe et durabilité du fil selon son utilisation.

Plusieurs solutions s’offrent à nous lorsque le tranchant du couteau perd en efficacité.

  • Pierre naturelle : Il existe une multitude de pierres de plus ou moins gros grain, c’est à dire plus ou moins abrasive selon le résultat que l’on souhaite obtenir. Pour affûter sa lame, il suffit d’immerger sa pierre dans l’eau pendant une quinzaine de minutes, puis sans la sécher. Passez la lame dessus sans forcer, de la base à la pointe sans aller-retour avec un angle entre 15° et 20° selon le tranchant que vous souhaitez obtenir. Réalisez autant de passage d’un côté comme de l’autre de la lame. Si votre lame est très abimée vous pouvez répéter l’opération autant de fois que nécessaire avec à chaque fois une pierre de moins en moins abrasive.
  • Affûteur manuel ou électrique : Outil pratique pour les personnes ne voulant pas s’embêter avec l’apprentissage de l’affûtage à la pierre. L’affûteur manuel ou électrique possède une fente taillée en biseau avec un angle préétabli. Il suffit de glisser la lame du couteau dans celle-ci afin de retrouver un tranchant correct en quelques allers retours. Ces outils présentent cependant quelques inconvénients, tout d’abord ils ne sont pas compatibles avec tous les couteaux. En effet, certains couteaux comme la plupart des couteaux japonais, ne sont affûtés que d’un côté. De plus, l’utilisation d’un affûteur manuel/électrique ne peut rivaliser avec la précision et l’efficacité d’un affûtage à la pierre avec une bonne maitrise.
  • Le fusil : Souvent en pierre diamantée ou en céramique, il est une solution efficace pour rétablir un fil de lame émoussé. Le fusil, pour des raisons pratiques, doit être plus long que la lame de votre couteau et appliqué de la base, vers la pointe d’un seul geste, le même nombre de fois de chaque côté sans forcer sur la lame. Le fusil acier ne sera utilisé que pour l’entretien d’un fil et non sa récupération. Pour cela, il faudra opter pour un fusil diamanté ou un céramique. Le fusil diamanté est composé de millions de petits diamants industriels sur tout le long de sa surface, cela la rend extrêmement abrasive, et recréera sans difficulté et efficacement un nouveau fil. Dans cette catégorie, nous vous conseillons l’affûteur diamant pliant de chez TB Outdoor. Avec son format pliant, extrêmement pratique pour l’avoir avec soit dans toutes les situations, l’affûteur diamant TB Outdoor possède deux faces diamantées avec un grain plus ou moins gros. Une première face #360 gros grains afin de dégrossir l’affûtage, et une face #600 grain fin pour achever le travail avec finition. Le fusil céramique lui, est moins abrasif que le diamant, mais bien plus que l’acier, il créera un fil très fin, fournissant une précision et une efficacité de coupe supérieure à un fusil diamanté, mais il faudra être plus patient, et le fil sera plus fragile.

Le manche :

Comme n’importe quelle partie du couteau, le manche ne déroge pas à la règle d’entretien. Etant la seule surface de contact entre vous et votre outil tranchant, le manche doit être en bon état, solide et posséder un bon grip. Si la prise en main de votre couteau n’est pas optimale, pensez éventuellement à l’améliorer grâce à des modifications (manche en paracorde, chaussette agrippante en chambre à air etc…) Comme chaque parties, le manche nécessite un entretien régulier qui diffère selon le matériau.

  • Manche en bois : Tout d’abord, si vous possédez un couteau avec manche en bois, évitez tout contact avec l’eau qui risquerait de le faire gonfler et de la fendre. En cas d’immersion, séchez votre couteau naturellement, ne le laissez pas près d’une source de chaleur intense pour qu’il sèche plus rapidement, il risquerait de craquer. Le bois est un matériau noble naturel, qui, avec le temps peut craquer, sécher ou gonfler. Pour éviter cela, il est conseillé de garder son manche bien huilé, avec de l’huile végétale (de préférence huile d’olive ou huile de lin). Si la surface de votre manche n’est plus régulière, poncez légèrement avec du papier de verre grain fin, puis huilez à l’huile de lin.
  • Manche en corne : Comme pour le bois, la corne est un matériau naturel vivant, il a donc tendance à sécher avec le temps. Son entretien sera similaire au manche en bois tout en évitant les contacts avec l’eau.
  • Manche en synthétique : Les manches en synthétiques ne demandent que peu, voir pas d’entretien du tout. Attention toutefois à certains manches polymères qui, lorsqu’ils sont confrontés à des fortes températures peuvent se déformer voire fondre.

Le mécanisme :

Vous possédez peut-être une lame pliante, dans ce cas, il y a une partie supplémentaire à prendre en compte pour l’entretien, il s’agit du mécanisme. C’est la partie la plus fragile du couteau. Vous devez tout d’abord vérifier que rien n’obstrue le mécanisme (petits cailloux, sable) et qu’il soit bien lubrifié. Cela limitera les frottements des pièces, et donc empêchera une usure prématurée du mécanisme. Comme pour l’entretien de la lame, nous vous conseillons le lubrifiant HP100 Knife de Breakthrough Clean pour entretenir vos mécanismes de couteaux. Malgré sa praticité, nous vous déconseillons l’usage d’un couteau pliant comme unique lame sur le terrain. Ces couteaux ne sont pas conçus pour une pratique outdoor, et les mécanismes supporterons très mal tout bâtonnage et d’action de levier. Pour cela, préférez une lame fixe et gardez votre pliant pour le petit travail de précision.

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